22-10-2026 | CULTURE, LIFESTYLE

Call me Queen, le film

Call me Queen

La semaine dernière, j’ai eu le plaisir d’être invitée par l’agence Cartel afin de visionner le film Call me Queen qui sortira en janvier 2027. Retour sur cette projection et ce que j’en ai pensé.

call me queen

Quand une femme reprend le pouvoir

Synopsis

Années 90 à Nairobi. Queen, figure respectée de sa communauté, fait face aux ravages du sida, alors que les traitements restent inaccessibles. Sa rencontre avec Anna, une journaliste irlandaise, donne naissance à une amitié inattendue qui les rassemble dans le combat pour un accès plus juste aux médicaments. 

Inspiré de faits réels, CALL ME QUEEN raconte l’histoire de deux femmes que la vie réunit autour d’une même conviction : les choses peuvent changer quand on se bat ensemble.

Pour découvrir la bande-annonce, c’est ici.

Prévu dans les salles françaises le 6 janvier 2027.

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Une rencontre de deux mondes

Ce drame de 1 h 45 nous emmène dans le Nairobi des années 1990, au cœur de l’épidémie de sida. On y rencontre Queen, une mère célibataire rwandaise installée à Nairobi, femme débrouillarde, drôle, déterminée et profondément libre dans sa manière d’exister. Face à elle : Anna, journaliste irlandaise, plus privilégiée, plus fragile aussi, qui découvre peu à peu une réalité très éloignée de la sienne.

Deux femmes. Deux mondes.

Et une rencontre qui va tout bouleverser.

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Pourquoi aller voir ce film ?

Queen : une femme qui refuse de disparaître

Ce qui m’a le plus intéressée dans Call Me Queen, c’est précisément… Queen.

Pas uniquement parce qu’elle est courageuse. Parce qu’elle refuse d’être réduite à ce qui lui arrive.

Elle est pauvre. Elle est mère. Elle est étrangère. Elle vit dans un environnement où la maladie décime les familles. Puis elle devient elle-même malade.

Mais jamais le film ne devrait nous faire oublier qu’avant d’être une femme malade, Queen est une femme entière.

Une femme avec du caractère.

Un fort désir de vivre.

De l’humour.

De l’intelligence.

Une femme qui prend de la place.

Et cela, dans un film consacré au sida et aux injustices sanitaires, est particulièrement précieux.

Parce que les femmes sont souvent représentées à travers ce qu’elles subissent.

Queen, elle, est représentée à travers ce qu’elle choisit de faire de ce qu’elle subit.

Et c’est là que le film devient profondément féministe.

Une histoire de femmes… mais surtout une histoire de pouvoir

Le film aborde un sujet particulièrement difficile : celui d’un corps malade dans une société où l’accès aux soins est profondément inégalitaire.

Et il pose une question qui dépasse largement le contexte du sida dans les années 1990 :

À qui appartient notre corps lorsque notre survie dépend des décisions des autres ?

Des laboratoires ? Des gouvernements ? De l’argent ? Des brevets ? De la politique ? Du regard social ?

La question est vertigineuse.

Et elle résonne encore aujourd’hui.

Ce qui me touche particulièrement, c’est que le film ne raconte pas uniquement la maladie comme une tragédie individuelle. Il raconte aussi la reconquête de la parole.

Queen refuse la honte. Elle refuse le silence. Elle refuse que la maladie lui vole son identité.

Et quelque part, c’est une démarche que l’on retrouve dans beaucoup de parcours féminins : reprendre possession de son corps commence souvent par reprendre possession de son récit.

Dire :

« Voilà ce que je ressens. »

« Voilà ce que je veux. »

« Voilà ce que je refuse. »

« Voilà ce dont j’ai besoin. »

C’est politique.

Même lorsque cela commence dans l’intime.

Pourquoi allez-vous voir ce film ?

C’est un film à voir.

Pas parce que Call Me Queen serait un film parfait. Mais parce que Queen, elle, mérite qu’on la rencontre.

Et parce que son histoire nous rappelle une chose essentielle :

le pouvoir ne commence pas toujours lorsque nous obtenons quelque chose.

Parfois, il commence au moment précis où nous décidons que nous ne voulons plus subir.

Queen ne devient pas une reine parce que les autres la couronnent.

Elle devient Queen parce qu’elle se nomme elle-même ainsi.

Et ça, mesdames…c’est peut-être la première leçon d’émancipation.

Ne plus attendre qu’on nous donne la permission d’être pleinement nous-mêmes.

Le reste ?

On peut le négocier.

Avec élégance.

Avec audace.

Et, si possible, avec un peu de rouge à lèvres.

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